Oui, en principe, il est possible d’emporter en avion un gilet de sauvetage gonflable avec des cartouches de CO₂. Les règles internationales relatives au transport des marchandises dangereuses le permettent, mais la compagnie aérienne doit donner son autorisation au préalable.
En résumé : les passagers peuvent transporter jusqu’à deux dispositifs de sécurité individuels autogonflables, par exemple des aides à la flottabilité ou des gilets de sauvetage. Chaque dispositif peut être équipé de deux cartouches de CO₂ au maximum. Deux cartouches de rechange au maximum peuvent également être transportées par dispositif.
Le gilet de sauvetage peut en principe être transporté :
- dans les bagages enregistrés en soute
- dans les bagages de cabine
L’autorisation de la compagnie aérienne est toutefois requise. Le gilet de sauvetage doit également être emballé de manière à empêcher toute activation accidentelle.
Dispositions applicables au transport de cartouches de CO₂ et de gilets de sauvetage dans les avions de passagers
La base réglementaire pertinente pour le transport de cartouches de CO₂ dans les gilets de sauvetage gonflables est constituée par les Instructions techniques pour la sécurité du transport aérien des marchandises dangereuses de l’Organisation de l’aviation civile internationale, OACI. Ces instructions sont généralement désignées par l’abréviation ICAO T.I. ou OACI T.I. En Europe, ces exigences sont intégrées dans les règles applicables à l’exploitation aérienne.
Les IATA Dangerous Goods Regulations, ou IATA DGR, ne sont pas une loi en tant que telle. Il s’agit d’un règlement établi par l’International Air Transport Association, l’association internationale du transport aérien. De nombreuses compagnies aériennes les utilisent comme base pratique pour appliquer les exigences de l’OACI dans le transport aérien quotidien. Pour les passagers, le tableau 2.3.A de l’IATA est particulièrement utile, car il présente de manière synthétique les marchandises dangereuses que les passagers et les membres d’équipage peuvent transporter dans leurs bagages.
Pour les gilets de sauvetage, les principes suivants s’appliquent :
- Le transport dans les bagages enregistrés en soute est autorisé.
- Le transport dans les bagages de cabine est autorisé.
- L’autorisation de la compagnie aérienne est requise.
- Chaque passager peut transporter au maximum deux dispositifs de sécurité individuels autogonflables.
- Chaque dispositif peut être équipé de deux cartouches au maximum.
- Deux cartouches de rechange au maximum peuvent être transportées par dispositif.
- L’équipement doit être emballé de manière à empêcher toute activation accidentelle.
Il est important de distinguer les gilets de sauvetage des autres dispositifs fonctionnant avec de petites cartouches de gaz. La limite de 50 ml ou de 28 g souvent mentionnée dans ce contexte ne s’applique pas de manière générale aux cartouches de CO₂ utilisées dans les gilets de sauvetage. Cette limite concerne d’autres appareils, et non les dispositifs de sécurité individuels autogonflables tels que les aides à la flottabilité ou les gilets de sauvetage.
Les compagnies aériennes peuvent toutefois définir leurs propres procédures, conditions ou exigences pratiques plus strictes. C’est pourquoi le transport d’un gilet de sauvetage gonflable doit toujours être clarifié avec la compagnie aérienne avant le voyage.
Remarque pratique importante
Le fait que les règles internationales autorisent le transport de gilets de sauvetage gonflables ne signifie pas que les procédures à l’aéroport se déroulent toujours sans discussion. Dans la pratique, il arrive encore que le personnel des compagnies aériennes, les services de contrôle de sûreté ou certains employés ne connaissent pas la règle particulière applicable aux gilets de sauvetage. Ils peuvent également confondre les cartouches de CO₂ des gilets de sauvetage avec d’autres types de cartouches de CO₂.
Une erreur fréquente consiste à appliquer la limite de 50 ml ou de 28 g aux cartouches de CO₂ des gilets de sauvetage. Cette limite provient des règles applicables à d’autres petites cartouches de gaz ou à d’autres appareils. Elle ne peut pas être transposée automatiquement aux gilets de sauvetage. Selon leur conception, une capacité de 50 ml peut correspondre, pour les cartouches de CO₂ utilisées dans les gilets de sauvetage, à une masse de remplissage en CO₂ plus élevée.
Il n’est donc pas techniquement correct d’appliquer de manière générale une limite de 28 g aux cartouches des gilets de sauvetage. Pourtant, cela s’est produit à plusieurs reprises par le passé. Des cartouches de CO₂ plus grandes destinées à des gilets de sauvetage ont ainsi parfois été refusées ou retirées des bagages, alors que la règle particulière relative aux dispositifs de sécurité individuels autogonflables vise précisément ce type d’équipement.
Une autorisation écrite de la compagnie aérienne est donc très utile, mais elle ne permet pas toujours d’éviter toute discussion au contrôle de sûreté. Nous recommandons d’emporter l’autorisation écrite de la compagnie aérienne et, si possible, une copie du tableau IATA correspondant.
Responsabilité de la compagnie aérienne, du contrôle de sûreté et du commandant de bord
L’autorisation de la compagnie aérienne est requise pour transporter des gilets de sauvetage avec des cartouches de CO₂. La compagnie aérienne peut définir ses propres procédures et refuser ou limiter le transport dans certains cas.
En outre, les autorités de sûreté aéroportuaire peuvent contester ou retirer certains objets si elles les considèrent comme interdits ou si elles interprètent les règles différemment. Cela est particulièrement important lorsqu’il n’existe pas d’autorisation écrite de la compagnie aérienne ou lorsque les cartouches de CO₂ ne peuvent pas être clairement identifiées comme appartenant à un gilet de sauvetage.
Lors de l’exploitation effective du vol, le commandant de bord, autrement dit le capitaine, dispose également d’un pouvoir de décision important. Il est responsable de la sécurité du vol. Les passagers doivent suivre ses instructions légitimes.
Cela peut jouer dans les deux sens. Si le commandant de bord reconnaît qu’une interprétation restrictive fondée sur une limite de 28 g ne correspond pas à la règle particulière applicable aux gilets de sauvetage, et que le transport est autorisé selon les Instructions techniques de l’OACI, il peut autoriser le transport dans un cas particulier, à condition qu’aucune règle impérative ne s’y oppose. À l’inverse, il peut également refuser le transport, même si celui-ci est en principe autorisé ou a été confirmé au préalable par la compagnie aérienne, s’il ne l’estime pas acceptable dans la situation opérationnelle concrète.
Une autorisation écrite de la compagnie aérienne est donc très importante, mais elle ne constitue pas une garantie absolue. Elle reste la meilleure base pour répondre aux questions à l’aéroport de manière factuelle. La décision pratique finale peut néanmoins appartenir au contrôle de sûreté ou au commandant de bord.
Quel risque présente un gilet de sauvetage gonflable ?
Selon notre évaluation technique, un gilet de sauvetage gonflable correctement emballé avec une cartouche de CO₂ ne présente pas de risque significatif pour l’aéronef, l’équipage ou les passagers.
Le CO₂ est un gaz non inflammable. Les cartouches de CO₂ utilisées dans les gilets de sauvetage sont de petits récipients sous pression conçus précisément à cet effet. Si elles sont correctement emballées, une activation accidentelle est très improbable.
Même si un gilet de sauvetage venait à se déclencher accidentellement dans un bagage, nous estimons que la conséquence principale serait une détérioration ou une déformation du bagage lui-même. Le CO₂ ne présente pas de risque d’incendie ou d’explosion comparable à celui des gaz inflammables.
À titre de comparaison, le tableau IATA autorise également, sous certaines conditions, le transport de sacs de sauvetage en avalanche. Ceux-ci peuvent contenir des cartouches de gaz comprimé plus grandes et, dans certains cas, un mécanisme de déclenchement pyrotechnique. Leur transport est lui aussi soumis à l’autorisation de la compagnie aérienne et à des conditions d’emballage spécifiques.
Que devez-vous faire avant le voyage ?
Clarifiez le transport de votre gilet de sauvetage gonflable avec la compagnie aérienne le plus tôt possible, idéalement au moment de la réservation ou immédiatement après.
Lors de votre demande, indiquez les informations suivantes aussi clairement que possible :
- qu’il s’agit d’un gilet de sauvetage gonflable
- que la cartouche de CO₂ sert à gonfler le gilet de sauvetage
- le nombre de gilets de sauvetage que vous souhaitez transporter
- le nombre de cartouches de CO₂ installées
- le nombre de cartouches de rechange
- la quantité de CO₂ contenue dans les cartouches, en grammes
- une référence aux Instructions techniques de l’OACI ou au tableau 2.3.A des IATA DGR
Demandez expressément une autorisation écrite. Dans l’idéal, cette autorisation doit être inscrite directement dans votre réservation ou figurer sur la confirmation de réservation. Une réponse générale reçue par chat est préférable à l’absence de confirmation, mais elle peut tout de même entraîner des questions à l’aéroport.
Notre conseil pratique :
- Déclarez toujours votre gilet de sauvetage gonflable et vos cartouches de CO₂ à la compagnie aérienne avant le voyage.
- Demandez une autorisation écrite.
- Emportez cette autorisation à l’aéroport, sous forme imprimée ou numérique.
- Dans la mesure du possible, placez le gilet de sauvetage dans les bagages enregistrés en soute.
- Ne transportez pas les cartouches de CO₂ en vrac ou séparées du gilet de sauvetage.
- Placez les cartouches de rechange directement avec le gilet de sauvetage, afin que leur usage soit clairement identifiable en cas de contrôle du bagage.
- Par mesure de précaution, dévissez complètement la cartouche de CO₂ de l’unité de déclenchement et conservez-la protégée dans ou à proximité immédiate du gilet de sauvetage.
- Avant la prochaine utilisation, revissez la cartouche conformément au mode d’emploi et vérifiez que le gilet est prêt à fonctionner.
- Prévoyez du temps supplémentaire à l’aéroport.
Le transport dans les bagages de cabine est en principe possible selon les règles internationales, mais il peut entraîner davantage de questions au contrôle de sûreté. Pour les voyages privés en avion, nous recommandons donc généralement de transporter le gilet de sauvetage dans les bagages enregistrés en soute, à condition que la compagnie aérienne l’autorise.
En cas de correspondance, vérifiez également que toutes les compagnies aériennes concernées autorisent le transport. Cela est particulièrement important pour les vols en partage de code ou pour les segments de vol réservés séparément.
Retours d’expérience récents et plus anciens de clients
Malheureusement, les règles internationales ne sont pas toujours appliquées de manière uniforme dans la pratique. Nous présentons donc ci-dessous des retours d’expérience récents et plus anciens de clients.
Ces retours d’expérience sont des cas individuels. Ils ne remplacent pas l’autorisation de la compagnie aérienne et ne déterminent pas la décision que prendront les autorités de sûreté aéroportuaire dans un cas concret.
Air France
Un client nous a indiqué qu’une autorisation d’Air France était possible, mais que la procédure de clarification avait pris plusieurs jours. Dans ce cas, la confirmation a été donnée uniquement par chat et n’a pas été ajoutée au billet ni à la réservation. Cela a d’abord entraîné des questions au contrôle de sûreté à Munich. Le gilet de sauvetage a finalement été accepté.
Air France mentionne actuellement les dispositifs de sécurité autogonflables comme étant autorisés sous réserve d’un accord préalable. En parallèle, les informations d’Air France contiennent également des indications générales relatives aux petites cartouches de gaz avec une limite de 50 ml ou de 28 g. Ces indications parallèles peuvent entraîner des malentendus dans la pratique. Nous recommandons donc, en particulier avec Air France, d’obtenir une autorisation écrite à l’avance et de préciser clairement qu’il s’agit d’un dispositif de sécurité autogonflable.
Condor
Un client nous a récemment rapporté une expérience positive avec Condor. Après transmission de la demande au Special Assistance Team, le client a reçu rapidement une confirmation de réservation modifiée pour le transport de son gilet de sauvetage.
Condor mentionne actuellement sur son site les gilets de sauvetage automatiques avec cartouches de CO₂ comme des articles devant être déclarés à l’avance. Selon les informations de Condor, le transport est possible dans les bagages enregistrés, mais pas dans les bagages à main. Condor indique en outre une limite maximale de 60 g de CO₂ par cartouche. Nous recommandons donc de déclarer le gilet de sauvetage automatique auprès du Special Assistance Team et de demander une confirmation écrite liée à la réservation.
Aéroports de Francfort, Dresde et Brême
D’anciens retours de clients indiquent qu’il y a eu des difficultés aux aéroports de Francfort, Dresde et Brême avec des cartouches de CO₂ pour gilets de sauvetage gonflables. Selon ces retours, il a été fait référence à la compétence de la police fédérale allemande. Les cartouches de CO₂ contenant plus de 28 g auraient alors été refusées ou retirées des bagages.
Ces retours ne reflètent pas nécessairement la pratique actuelle. Ils montrent toutefois que des interprétations différentes peuvent encore se produire lors des contrôles de sûreté, malgré les règles internationales.
Informations complémentaires
- OACI Doc 9284, Instructions techniques pour la sécurité du transport aérien des marchandises dangereuses, édition 2025–2026
https://www.icao.int/fr/publications/doc-series/doc-9284 - IATA Dangerous Goods Guidance for Passengers
https://www.iata.org/en/programs/cargo/dgr/dgr-guidance-passengers/ - IATA DGR : Dispositions pour les marchandises dangereuses transportées par les passagers ou les membres d’équipage, tableau 2.3.A, 67e édition, 2026
https://www.iata.org/contentassets/6fea26dd84d24b26a7a1fd5788561d6e/dgr-67-fr-2.3.a.pdf - Règlement (UE) n° 965/2012 établissant des exigences techniques et des procédures administratives applicables aux opérations aériennes
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32012R0965 - EASA Easy Access Rules, CAT.GEN.MPA.200 Transport of dangerous goods
https://www.easa.europa.eu/en/document-library/easy-access-rules/online-publications/easy-access-rules-air-operations?erules-id=ERULES-1963177438-12313 - Ministère français chargé de l’aviation civile, transport de marchandises dangereuses par voie aérienne
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/transport-marchandises-dangereuses-voie-aerienne - Condor, informations sur le transport de gilets de sauvetage automatiques avec cartouches de CO₂
https://www.condor.com/fr-fr/informations-services/bagages/bagages-speciaux/ - Air France, informations sur les dispositifs de sécurité autogonflables
https://wwws.airfrance.fr/information/bagages/popin_produits-interdits-et-reglementes/produits-interdits-et-reglementes-10
Questions complémentaires
Si vous avez des questions à ce sujet, n’hésitez pas à nous contacter par téléphone. Nous ferons de notre mieux pour vous conseiller avant votre voyage en avion.
Tél. : +49-4103-125 0
